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COLOMBE CAMPANA, DIRECTRICE ARTISTIQUE

Depuis son arrivée aux commandes artistiques de Tara Jarmon en mars 2017, Colombe Campana a bouleversé le petit monde de la Maison rue Dieu, tout en gardant les codes forts de la marque. Elle insuffle une nouvelle attitude, un style singulier. Ses créations s’affranchissent d’un glamour étouffant pour célébrer une nouvelle  féminité. Ses icônes, qui ne quittent jamais ses moodboards, symbolisent ce mélange des genres et cette modernité qu’elle propose aux femmes.

Explique nous ton métier en quelques mots :

Je travaille sur quatre axes différents :
Tout d’abord, je donne l’impulsion aux équipes et exécute un suivi et un développement de la collection. En d’autres termes, je créé un brief comme une recette de cuisine avec tous les éléments pour créer la collection comme les inspirations, les silhouettes, les couleurs, imprimés, … Je m’assure également de la validation des propositions du studio ainsi que de leur réalisation.
Ensuite, je participe à la représentation de la marque. Je partage mes attentes liées à la communication de la collection concernant les campagnes de pubs, les castings, et autres événements de la maison.
En parallèle, je réfléchis avec la directrice de l’offre aux plans de collections pour cibler les besoins de la saison.
Enfin, je collabore avec les équipes sur le merchandising afin d’obtenir un agencement optimal des boutiques Tara Jarmon.

Quel a été ton parcours pour arriver à ce poste ? 

Après mon bac, j’ai réalisé pendant deux ans une école de stylisme au studio Berçot. Directement après, et pendant quatre ans, j’ai commencé comme assistante de la directrice artistique, Capucine Puerari.

J’ai continué mon parcours chez SONIA RYKIEL où j’étais rattachée à Nathalie Rykiel pendant trois ans. Ensuite, je me suis dirigée chez Claudie Pierlot comme styliste PAP durant deux ans.

Enfin, j’ai passé plus de 5 ans chez & Other Stories et ce, depuis l’origine du projet.

A quoi ressemble une journée type ?

Les journées ne se ressemblent absolument jamais. Tout dépend du stade de développement de la collection.
Je peux être en pleine recherche d’inspiration, à courir les expos et magasins vintage ou plongée dans un livre. Je peux choisir des matières et des sélections de croquis à lancer avec le studio. Je peux également être en essayage des premiers prototypes, en présentation de la collection ou encore en shooting pour la campagne de pub ou l’e-shop.
Les journées passent et ne se ressemblent jamais, c’est une des raisons pour laquelle j’aime beaucoup ce métier !

Ce que tu aimes dans ton travail ?

Travailler aux cotés de gens passionnés par ce qu’ils font. Une des choses que j’affectionne particulièrement sont les essayages. Le travail de matérialisation des modélistes et patronniers sur la base d’un croquis, cela ressemble à un petit miracle !
Les échanges avec les équipes, la réflexion sur les collections est une des choses que j’adore le plus.
Le travail d’équilibrage entre pièces « commerciales » et pièces fortes, le mélange de fantaisie et de rigueur que demande ce travail.
Le côté « équilibriste » : le fait de prendre des risques, d’avoir un parti pris, d’y mettre tout son cœur et ses idées.
C’est un métier avec lequel il faut savoir faire confiance à son intuition et son instinct (d’où le coté équilibriste).

Depuis quand travailles-tu chez Tara Jarmon ? 

18 mois ! Et j’ai l’impression que c’était hier.

Que représente selon toi la femme Tara Jarmon ?

Une femme. Pas une fille, une femme, qui a un style classique et audacieux à la fois, qui recherche l’élégance mais sans être guindée ni contenue.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui souhaitent se lancer dans une carrière comme la tienne ?

TRAVAIL, CURIOSITÉHUMILITÉ.
Entretenir sa curiosité en permanence, nourrir sa créativité au quotidien de la même façon qu’un corps sain fait de la gymnastique, ne pas avoir d’à priori, savoir faire preuve d’humilité quand on apprend (on a tendance à s’imaginer tout savoir quand on commence) et accepter de tout faire dans ses premiers stages (cela sert toujours).
Je conseillerais de ne pas se limiter à la création pure mais d’être curieux de tous les départements qui font une entreprise de Mode : chercher à comprendre comment cela fonctionne, écouter les clients et les vendeurs (ils ont parfois beaucoup à vous apprendre).
A moins de faire de la haute couture, il faut savoir conjuguer sa vision pour une marque à une réalité de marché et aux attentes de la clientèle.